Nous sommes sur la côte orientale de Sicile, sur les rives de la Mer Ionienne, aux pieds de l’Etna.
Nous sommes dans l’un des plus grands centres urbains de l’île, riche d’une Histoire millénaire.
Nous sommes à Catane.

Authenticité, je n’aime que toi…
Vivante, vibrante, accueillante.
Repoussante, impitoyable et douce.
Tu es tout cela et bien plus encore…
De jour, de nuit, tu m’as ébloui.
Et dans tes rues souvent bordéliques, j’ai vécu mille et une émotions, j’ai vécu tant que je pouvais !
Catane.
Si j’étais poète, tu serais ma muse.

Jusqu’ici plus habituée à ton aéroport, c’est ce matin que je prends enfin le temps d’aller à ta rencontre, en ton sein, pour la toute première fois.
Une longue promenade qui durera plusieurs jours en réalité, et que je retrace ici en quelques lignes.
Le Jardin Botanique de Catane
Dès la première heure.
Dès le premier jour.
C’est devenu un rituel à présent, en arrivant dans une ville inconnue, d’aller me perdre dans ces espaces protégés que sont les jardins.

Face aux tumultes de la vie citadine, c’est un havre de verdure qui s’ouvre ici au 397, via Etnea.
Fondé en 1858 par le moine bénédictin Francis Roccaforte Tornabene, le jardin est aujourd’hui supervisé par le Département Botanique de l’Université de Catane.
Egalement appelé Hortus Botanicus Catinensis, le lieu n’est pas très grand mais surprenant et riche.
Et je crois bien que c’est l’endroit où j’ai vu le plus de chats à Catane.
Eux aussi recherchent la fraîcheur des végétaux et fuient le béton !


Nous sommes aux prémices de l’automne et le jardin est un luxuriant bouquet de feuilles gigantesques nourries par l’été qui s’est achevé.




Ce matin-là, dès l’ouverture, hormis les jardiniers qui s’affairent à entretenir les parterres, personne ne circule dans les allées de graviers.
Dans cette délicieuse quiétude, il me semble être dans mon propre jardin et je vis pleinement l’instant présent puisque c’est le seul qui compte.
Les fontaines jaillissent.
Les oiseaux piaillent.
Les chats se prélassent.
La lumière du soleil perce à travers les végétaux.
La symbolique des jardins est tellement forte.
Le temps passant, les allées se remplissent de visiteurs et je reprends progressivement contact avec cette réalité partagée.

A l’ombre des arbres immenses, admirative, je dévore chaque recoin de ce magnifique jardin, comme une amoureuse regarde l’être aimé.


Et planté là, presque dissimulé dans un recoin, un grand pavillon s’étire.
C’est la serre principale du jardin.
Sans surprise, elle me fait pénétrer dans un monde de chaleur humide et je suis éblouie par le gigantisme des végétaux qui y poussent.
On y voit des plantes aux formes extraordinaires !

Dans le prolongement du Jardin Botanique, à seulement quelques minutes de marche, existe un autre espace vert que je tiens absolument à vous faire connaître !
La Villa Bellini
C’est l’un des plus anciens parcs publics de la ville et sans aucun doute le plus grand.
Au 18è siècle, ces jardins étaient la propriété privée du Prince Ignazio Paterno Castello di Biscari.
Puis la ville de Catane en devint propriétaire en 1854 et entama alors de grands projets d’aménagement et d’embellissement.
Il y a différentes entrées pour accèder au parc mais ce jour-là, j’arrive par la plus grandiose, celle qui fait face à la Via Etnea, cette immense artère qui traverse Catane du nord au sud.
Et c’est vrai que l’accueil est… Princier.


Le parc est une succession d’escaliers, de sculptures, de fontaines, d’allées fleuries et d’arbres immenses, c’est absolument ravissant !
Sur l’esplanade principale, à l’entrée, je suis restée un long moment à observer la valse des badauds qui se croisent, s’arrêtent, lèvent les yeux au ciel, contemplent et puis repartent.
Parc aux amoureux et parc familial par excellence, il n’est pas rare qu’un musicien vienne également s’y assoir et commence à pousser la chansonnette.


Sur les hauteurs du parc, éparpillées sur les pelouses, il y a tout un tas de statuts à la mémoire des hommes de sciences et de lettres qui ont fait la renommée de Catane.
La curiosité naturelle m’oblige à me rapprocher de chacune d’entre elles pour découvrir le nom et le portrait de gens dont j’ignore tout.
Tel que cet enfant du pays, Mario Rapisardi (1844-1912), poète et professeur de littérature italienne à l’université de Catane, et auquel le grand Victor Hugo a semble-t-il laissé dans la roche un hommage élogieux.
« Vous êtes un précurseur »

Quittant le parc par son entrée opposée, Via Santa Maddalena, il ne faut pas plus d’un kilomètre pour rejoindre la Piazza del Duomo et changer d’époque…
Catane Médiévale
Au cœur de la ville ancienne, monter sur les toits de l’église Sainte-Agathe offre une vue imprenable sur l’Histoire médiévale sicilienne.

A ma gauche, l’horizon commence à confondre les vagues de la Mer Ionienne avec les épais nuages de cette fin de journée.
La vue est imprenable sur la splendide Basilique Sainte-Agathe et tandis que les cloches résonnent puissamment, je ne me lasse pas de contempler ce chef-d’œuvre d’architecture.
A ma droite, la Piazza del Duomo s’étire et en son centre, même de loin, je peux distinguer la fontaine de l’éléphant.
Depuis l’an 1239, cet animal, fier et têtu, est l’emblème de la ville.

C’est évidement une activité très touristique de gravir les quelques marches qui amènent sur les toits de l’église Sainte-Agathe.
Il y a du monde par ici !
D’ailleurs il y a même un feu de circulation, à l’entrée des escaliers, pour alterner ceux qui montent et ceux qui descendent.


Belle de jour comme de nuit
Catane.
Comme une grande scène de festival, tu donnes à chacun l’envie de danser, de se réjouir et de faire l’amour jusqu’aux premières lueurs du soleil.


Dans ton magnifique centre historique pavé de basalte volcanique…
Avec tes terrasses aguicheuses toutes ornées de guirlandes, touristes et habitants ne cessent d’être attirés et d’emplir cafés et restaurants.

J’ai passé du temps à t’observer, de jour comme de nuit.
J’ai passé du temps à vouloir te comprendre car tu as tellement de visages différents.
Il m’apparait aujourd’hui évidement simpliste de tenter de te réduire aux clichés de cartes postales que tu vends à chaque coin de rue.
Tu m’as émerveillé, je dois le dire.
Alors, oui, tu n’es pas sans défauts et tu subis, toi aussi, les affres du monde moderne. Mais quand on t’aime, on te prend telle que tu es !
