Et le voilà, gigantesque, tout autour de nous…
On dit souvent que tous les chemins mènent à Rome.
Mon expérience sur la côte orientale sicilienne m’a prouvé que tous les chemins mènent aussi sur l’Etna.
Après trois jours d’excursions au cœur du Parc Naturel Régional de l’Etna, je suis restée fascinée par cette nature abrupte et indomptable.

L’Etna est le plus grand volcan actif du continent européen !
Culminant à 3403 mètres d’altitude et couvrant une superficie de 1200 kilomètres carrés, cet immense montagne mérite tous les superlatifs qu’on peut lui accorder.

Et si le volcan est intimement lié à la Sicile, il l’est d’autant plus avec la ville de Catane et ses villages voisins.
Car comme dirait mon ami Mario :
« Quand on est dans les rues de Catane, on est déjà sur l’Etna puisque sa base terrestre s’étend jusqu’aux rivages de la Mer Ionienne ! »
Jour 1.
Le versant Sud
Sur la route qui conduit au cratère Silvestre, il y a quelques groupes de randonneurs mais sans excès.
Nous sommes mi-octobre et la haute saison touristique est désormais en train de s’achever en Sicile.
Les sentiers de l’Etna redeviennent relativement libres.

Ce jour-là, Mario est notre guide.
Sicilien, ingénieur agronome de formation et guide touristique, c’est un bonheur de l’écouter nous parler de son volcan tant il le fait avec passion et dévouement !

Nous sommes à 1900 mètres d’altitude et c’est la hauteur maximale réglementaire pour les véhicules privés, comme l’indique ce panneau.
Au-delà, chaque visiteur doit faire appel à une compagnie spécialisée pour continuer sa route jusqu’au sommet, avec la présence obligatoire d’un guide vulcanologiste.

Randonnée autour du cratère Silvestre
En ce qui concerne notre petit groupe, l’objectif du jour n’est pas tant sportif que pédagogique et initiatique.
La randonnée autour du cratère Silvestre n’excède pas 5 kilomètres et est accessible au plus grand nombre, enfants comme adultes.
Elle est d’ailleurs reconnue comme l’une des plus faciles sur l’Etna et le sentier est largement emprunté par des milliers de curieux chaque année.
Ici, point de dénivelé important, point de passage technique.
Il faut juste s’assurer de ne pas s’approcher trop près des cratères qui restent avant tout des gouffres plus ou moins profonds…

Saisis par la pluie froide, emmitouflés dans nos supers K-way, nous voilà déambulant sur les sentiers chaotiques du volcan et je dois dire que je n’avais jamais vu un tel décor.
Presque une idée de l’apocalypse.
Tout n’est que noir et or autour de nous, à perte de vue.


Tout est saisissant ici.
Les formes, les couleurs, les bruits.
Et tandis que Mario nous explique religieusement le concept de viscosité pour la lave, mon regard s’échappe vers ces cratères qui nous encerclent.

Au loin, chaque humain n’est plus qu’un minuscule petit point…
Et mes photos ne reflètent en réalité que timidement l’immensité de ce paysage formé lors de l’éruption volcanique du 09 juillet 1892.


Les coccinelles rouges de l’Etna
Tout au long de cette fabuleuse excursion, si l’extravagance du paysage est restée tout à fait unique, mon regard n’aura pourtant jamais cessé d’être attiré par une multitude de petits points rouges au sol.
Car à ma grande surprise, l’Etna est couvert de coccinelles !

Mais quelle est la raison de leur présence à cette altitude ?
Chaque année entre juin et février, les coccinelles quittent les vallées et s’envolent vers de plus hautes altitudes (entre 1800 et 2800 mètres) pour se mettre à l’abri des prédateurs.
Au printemps suivant, lorsque les populations de pucerons (leur miam-miam préféré) se reconstituent dans les vallées, elles migrent alors dans le sens inverse !
Ce jour-là, la vision sublime de ces milliers d’insectes rouges sur la roche volcanique noire restera un magnifique souvenir de l’Etna.

Une expérience sensationnelle !
Si vous souhaitez une première rencontre avec l’Etna, je ne peux que vous recommander de venir découvrir la région du cratère Silvestre !
Jour 2.
Le versant Nord.

Aujourd’hui, tout commence au parking de Piano Provenzana.
Cette plateforme située à 1810 mètres d’altitude est le principal point de départ pour les randonnées sur le versant Nord du volcan.

Entre déserts de roches volcaniques et forêts de pins, Fabio, notre guide géologue et passionné de botanique, nous fait suivre les chemins balisés du Club Alpino Italiano en direction du Refuge de Timparossa.


Facilement reconnaissable par son marquage blanc et rouge, c’est un peu l’équivalent de nos sentiers de Grandes Randonnées en France.


Au milieu de ces gigantesques coulées de lave refroidies depuis des années, la roche volcanique prend des formes improbables et ses parois sont bien souvent acérées.
Les cratères, béants, me fascinent par leurs dimensions et ne font que suggérer la puissance inégalée d’un volcan tel que l’Etna.


C’est littéralement une force explosive de la nature que nous avons sous les pieds et ça il ne faut jamais l’oublier !
Jour 3.
Le versant Est.
A 937 mètres d’altitude sur les hauteurs du village de Zafferana Etnea, existe l’un des plus précieux patrimoine naturel d’Italie.

Ce jour-là, je me laisse guider par mon ami Fabio qui a promit de me faire découvrir un monument historique un peu atypique.


Passé le village de Milo, il ne faut que quelques minutes de marche pour parvenir au Rifugio Rotondo, cet abri de montagne en autogestion.
De là, je vois Fabio s’engouffrer dans la forêt et me dire en souriant : « Nous ne sommes plus très loin »
Nourris par les minéraux des sols volcaniques, le versant Est de l’Etna est boisé à souhait !
D’ailleurs, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser par millier les châtaignes tombées au sol.
Au cœur de cette magnifique forêt se dresse un chêne unique.
Ilice di Carrinu
Il est surnommé Ilice di Carrinu dit Chêne de Carlino, en raison du nom de l’ancien propriétaire du terrain où l’arbre s’est épanoui.

Vieux de 700 ans, c’est l’un des doyens de la forêt sicilienne.
Haut de 20 mètres, sa couronne de branches mesure 30 mètres d’envergure !
C’est l’arbre qui a résisté à tout, aux coulées de lave, aux intempéries, aux guerres, aux parasites…

Classé depuis 1982 comme arbre d’intérêt notable sur la liste du Patrimoine Vert italien, on se sent tout petit face à ce géant des bois.

L’Etna, un volcan, mille facettes
Randonner sur cette montagne de feu est une expérience extraordinaire que je souhaite à chacun.
D’un versant à l’autre, d’une altitude à l’autre, j’ai été subjuguée par la diversité de ses paysages, de sa faune, de sa flore.
J’ai adoré parcourir ses villages, rencontrer tous ces guides passionnés et partager avec eux cette délicieuse gastronomie sicilienne.
Le Parc Naturel Régional de l’Etna est un immense terrain d’apprentissages pour tous les amoureux de nature !
