Nous voilà à la croisée des chemins…
La beauté de cette randonnée va vous conquérir, j’en suis sûre !

12h30.
Cet après-midi, le ciel est un peu couvert et le vent est frais, ce qui ne manque pas de donner une allure encore plus sauvage aux lieux.
Mais surtout, la seule chose qu’il y a à entendre ici, c’est le silence… Et c’est tellement ressourçant !



A cet instant, le regard ne peut encore se tourner que vers l’intérieur des terres et le Pico Juliana se dresse fièrement à nos côtés, avec son emblématique sommet pointu et ses 447m d’altitude.
Et puisque mon oreille commence à s’habituer aux lieux, je peux désormais percevoir le chahut d’un nombre impressionnant de lézards qui se faufilent à travers les herbes sèches.
Au cœur de la végétation aride, le bois sec craquelle sous chacun de mes pas.
La roche est chaude et je marche littéralement sur un tapis d’épines de pins.
Le temps est nuageux mais il suffit d’une éclaircie pour que toutes les couleurs de la nature brillent de mille feux.
Dans ce décor aux allures de Provence, les abeilles bourdonnent et c’est le paradis des papillons.
C’est ce genre d’endroits fabuleux qui nous poussent à voyager, n’est-ce pas ?



Si on ne peut pas encore voir l’océan, on sait pourtant qu’il est là, tout proche, et qu’une fois arrivée en haut de la colline, il nous surprendra par son horizon bleu à l’infini.
Pour l’instant, je me concentre sur ce petit chemin de terre très bien aménagé, qui avance en toute évidence et en toute simplicité droit devant moi, par une succession d’escaliers et de pentes douces.



On dirait un tableau de maître car ce paysage en est vraiment un.
Le blanc de l’écume, le rouge de la terre, le gris de la roche, le vert des épines, le bleu de l’océan… Tout est si harmonieux, c’est un enchantement de couleurs et de formes absolument splendide.
Ce petit bout du monde, perdu au milieu de l’Atlantique, est une merveilleuse découverte.
En marchant le long de son sentier, je ne cesse de me dire que la simplicité est bien l’une des clés du bonheur.




La première intersection
Un sentier qui se divise en deux, un panneau aux flèches contradictoires…
C’est à cet instant qu’il faut choisir car le Pico Branco est dans une direction quand Terra Cha se trouve à l’opposé.
Mais je n’ai aucune hésitation, j’attends ce moment depuis des mois !
Direction Terra Cha !!
Je trouve ce nom tellement exotique, d’ailleurs.
Tiens… Une petite grotte est taillée dans la roche. Une statuette y est entreposée.

13h20.
Arriver jusqu’au belvédère de Terra Cha, c’est prendre un petit chemin escarpé qui vous emmène tout en douceur vers une vue panoramique des falaises et de l’océan.


C’est débarquer sur une petite plateforme avec pour seul mobilier une table en bois, une maisonnette et quelques bancs de pierres.
Mais surtout, c’est une grande sensation d’harmonie personnelle.
N’ayant pas croisé âme qui marche depuis le début de cette randonnée, je suis presque surprise de voir un autre randonneur arriver sur l’esplanade, comme si les lieux m’appartenaient.
Pour ne pas perturber ce silence d’or qui nous entoure, chacun salue l’autre d’un sourire mais ne prononce pas un mot.
On est tellement bien ici, c’est un sanctuaire de paix.

J’observe avec amusement les centaines de lézards qui s’agitent autour de moi… Ces petites bêtes n’ont décidément pas froid aux yeux et l’une d’elles n’hésite pas à venir me mordiller la cuisse !
Mais il est temps d’avancer et je jette un dernier regard d’amour à cet endroit surprenant avant de m’en aller sans me retourner.
A cet instant, c’est comme si je quittais un être cher, je ne saurais pas l’expliquer autrement.
Il y a des endroits qui nous sont peut-être destinés, qui sait.
Cela vous est-il déjà arrivé de ressentir ce sentiment pour un endroit visité ?

Pico Branco, un sommet discret
Les distances sont tellement proches d’un point à l’autre qu’il ne faut que quelques minutes de marche pour rejoindre le Pico Branco, à 450m d’altitude, le second point culminant de l’île de Porto Santo.


15h00.
Pico Branco, c’est un petit belvédère ombragé avec une vue magistrale sur les ravins qui plongent dans l’océan d’une part et sur les autres sommets de l’île d’autre part.
Contrairement à Terra Cha, le Pico Branco nous ouvre donc la vue à la fois sur l’intérieur des terres et sur l’immensité bleue de l’Atlantique.

Une destination coup de cœur
Cette randonnée n’est pas une boucle.
Pour revenir jusqu’à mon point de départ, il m’a fallu redescendre une à une les marches montées et repasser devant le point d’intersection qui indique le belvédère de Terra Cha.
Je ne saurai pas vraiment expliquer pourquoi mais c’est ce petit bout de randonnée que je regardais de loin, depuis la France, qui m’a poussé à entreprendre tout ce voyage merveilleux vers les îles portugaises.
J’ai voulu venir à Terra Cha bien avant d’envisager tout le reste de mon séjour sur l’archipel de Madère.
« Le sentiment de plénitude que j’ai pu ressentir sur ce sentier restera inoubliable et je rêve d’y revenir… »
