Deux châteaux. Deux styles. Deux ambiances.
Si le château de Vianden m’a transporté vers un Moyen-Age féerique fait de princes et princesses, de salles colorées où devaient certainement avoir lieu les plus belles réceptions… Le château de Beaufort, en revanche, m’a fait entrevoir un Moyen-Age beaucoup plus ténébreux.
Le château de Beaufort

Visiter un tel château durant l’automne, lorsque le ciel est sombre et que les corbeaux volent au-dessus de votre tête, vient certainement ajouter une touche dramatique au décor !
En arrivant dans la cour principale, les épaisses murailles en imposent. Je me sens toute petite parmi elles.
Le château de Beaufort, c’est un magnifique monument dont la construction a débuté au 11è siècle et qui n’a cessé d’évoluer au fil des époques et des modes.
Ce jour-là, il n’y a pas grand monde pour le visiter.
Je décide de commencer mon exploration par les salles qui sont au plus proche de la cour principale, sans savoir vraiment ce que je vais y trouver. C’est la prison.


Il n’y a que quelques marches à descendre pour arriver vers les cellules, pour passer de la lumière du jour à l’ombre des cachots.
C’est toute la représentation que l’Homme moderne peut avoir de la prison médiévale qui se tient sous mes yeux.
Une toute petite pièce. Froide.
Privée de toute lumière naturelle et dépourvue de toutes « commodités ».
Une chaine métallique attachée au mur. Ces murs épais qui vous isolent de tous les bruits du monde extérieur.
Je suis restée quelques minutes, silencieuse, devant cette cellule, à tenter de scruter ses moindres recoins, ses plus petits détails.
Comme pour tenter de comprendre quelque chose qui m’échappe.


La visite se poursuit à la lumière du jour et ce château ne fait qu’éblouir par son image austère.
Son apparence de lieu abandonné, ses fenêtres toutes envahies de lierres, ses murs noirs et humides… Et ce silence absolu que seuls les oiseaux viennent perturber.
On dirait qu’un sortilège maléfique a figé cet endroit il y a des siècles !
Cette visite est tellement géniale.
Arrivée aux étages supérieurs, c’est une autre plongée dans l’abyme, puisque la salle de restauration jouxte… La salle de torture.
Et je crois bien que je n’en avais jamais vu de semblable.




Je ne sais pas ce qui est le plus surprenant à ce moment-là.
Le fait que cette pièce et ses « outils » soient dans un état remarquable de restauration, ou bien que les restaurateurs aient pensé à réaliser des panneaux pour nous expliquer le fonctionnement de chacun, avec des bourreaux aux visages très expressifs !
Cette pièce-là du château est évidement perturbante.
Peut-être parce que tout est bien réel.
J’en fais le tour sans m’y attarder non plus, et remonte dans les parties supérieures du château.



La propriété est grande et le château est un vrai labyrinthe de petits passages.
Attendez vous à revenir trois fois au même endroit, par trois chemins différents, et sans vraiment comprendre comment vous avez fait !
Le château de Vianden
Vianden est un petit village d’à peine 2300 habitants et est aujourd’hui principalement connu pour son château emblématique, souvent cité comme l’un des plus beaux châteaux d’Europe occidentale.
Si les premières constructions sont datées du 5è siècle, lorsque la région était sous l’occupation de l’Empire Romain, le château actuel est lui apparut à partir du 11è siècle.
Perché sur sa colline, on le voit de loin.
Et il faut lever les yeux au ciel pour le contempler de bas en haut.


Dans ce château, ce n’est pas seulement les murs qui ont été superbement restaurés…
Mais le mobilier, les armures, les peintures, les cuisines, les parquets… Tout nous donne l’illusion que nous vivons actuellement à leur époque.
Le château vit, c’est un travail remarquable de mise en scène !






En parcourant les étages supérieurs, les salles sont toutes plus belles les unes que les autres et chaque fenêtre offre un panorama grandiose sur le village de Vianden en contrebas.
Me voilà courant d’un escalier à l’autre, curieuse de me perdre dans chaque recoin du château, lorsqu’une musique délicieuse parvient à mes oreilles.
Remonter la piste des notes n’est pas chose aisée dans ce dédale de couloirs et d’impasses mais je persévère à vouloir découvrir qui se cache derrière cette douce mélodie.
Au milieu d’une immense salle de réception, deux jolies dames s’échangent des accords de musique… L’une est violoniste, l’autre est clarinettiste.
Si grâcieuses et si sensibles, elles ne font qu’illuminer plus encore ce château magnifique par leur humanité.
Cet instant, pourtant furtif, restera gravé dans ma mémoire comme l’un de mes plus beaux souvenirs du Luxembourg.

Dans l’une des pièces du château, l’arbre généalogique des Maisons de Vianden et d’Orange-Nassau est détaillé sur tout un pan de mur, du sol au plafond.
Chaque ancêtre est nommé, daté, valorisé.
Il faut dire que pour la Noblesse, la connaissance de sa propre généalogie a toujours été un élément central.
Je l’ignorais mais la Maison d’Orange-Nassau est la famille régnante aux Pays-Bas depuis 1813 et en faisant quelques recherches, on se rend rapidement compte que tous ces personnages historiques se sont liés d’une manière ou d’une autre au fil des siècles.

Vianden, une ville aux multiples destinées
Au 11è siècle, Vianden était la capitale d’un territoire aussi grand que l’actuel Grand-Duché de Luxembourg et plus d’une centaine de villages alentours en dépendait.
Ville fortifiée, encerclée de vingt-quatre tours, ces constructions ont malheureusement toutes disparues avec les affres de l’Histoire.
Puis à la fin du Moyen-Age, au 15è siècle, Vianden fut une cité artisanale florissante et prospère, riche du savoir-faire de ses tanneurs, drapiers, tonneliers et orfèvres…
Puis elle plongea dans l’oubli.

Aujourd’hui ville de renommée mondiale, notamment grâce à la beauté de son château, Vianden renaît de sa gloire passée mais différemment.
Au Luxembourg, terre de châteaux par excellence, chaque ville et village saura vous conter son Histoire, du Haut Moyen-Age jusqu’à nos jours !
