Le long de la rivière Sûre, s’élance un sentier bucolique…
Car cette randonnée est un véritable hymne aux terres rurales du Luxembourg.
Aux villages, aux églises et aux champs cultivés bien sûr.
Mais aussi aux petits ruisseaux, aux forêts et aux paysages vallonnés.
C’est d’ailleurs pour cela qu’on surnomme cette partie du pays La Petite Suisse Luxembourgeoise, car ses courbes rappellent celles des vallées suisses.

Au départ d’Echternach…
9h30.
Comme à son habitude, le ciel du pays est un peu couvert de bon matin.
C’est l’automne et le vent est frais tout comme l’est probablement l’eau de la rivière Sûre.
Sur cette rive-là c’est le Luxembourg mais sur l’autre rive c’est l’Allemagne.
Il n’y a pas un bruit aux alentours et c’est une sensation délicieuse de n’entendre que le doux ruissellement de cette eau qui m’accompagne le long du sentier.
Elle est moi, nous allons dans la même direction, et pourtant nos chemins ne vont pas tarder à se séparer.

En route vers le village de Rosport
Avec son rouge vif, le fameux « M » du Mullerthal Trail est repérable de loin, difficile de s’égarer par ici !
La rivière est à présent dans mon dos et quelques mètres à peine suffisent pour quitter le monde que je connaissais…
A la lisière de la forêt, superbe, le sol n’est qu’un long tapis de feuilles.
Dès les premiers pas, je vois les écureuils fuir et grimper à toute vitesse le long des troncs.
Ces arbres, dressés comme des tours, me donnent l’impression de pénétrer dans l’enceinte d’une immense cathédrale et le ciel ne se distingue plus que par petits bouts à travers la canopée.
Mais ce qui est absolument fascinant, se sont ces couleurs d’automne !


Les premiers labyrinthes de rochers ne tardent pas à apparaitre !
Ces rochers gigantesques, qui ont fait la réputation du Mullerthal Trail, sont en réalité beaucoup plus nombreux et impressionnants sur la Route 2 mais la Route 1 en offre également un bref aperçu.
Arrivée la veille au Luxembourg, c’est mon premier face-à-face avec ces géants de la forêt et je prends un malin plaisir à les scruter sous tous les angles.
Leurs formes singulières et leurs carrures imposantes sont tout à fait surprenantes et je me vois déambuler parmi ces colosses comme un visiteur passerait de salle en salle dans un musée, de tableau en tableau.


Sortie de la forêt aussi soudainement que j’y étais rentrée, la présence des champs annoncent désormais l’entrée de Rosport et il ne faut que quelques minutes pour retrouver les sentiers terreux du Mullerthal de l’autre côté du village.
12h45.
A l’occasion d’une éclaircie miraculeuse et d’un réchauffement inattendu de l’atmosphère, j’en profite même pour déjeuner dans l’herbe !
Au Luxembourg, à cette période de l’année, mieux vaut saisir ce genre d’opportunités quand elles se présentent car elles ne durent jamais très longtemps !

De Rosport à Mompach
Le grand avantage avec le Mullerthal Trail, c’est qu’on peut commencer à marcher sur ses sentiers d’où bon nous semble et qu’on peut également les arrêter puis les reprendre à notre guise, puisqu’ils sont en forme de boucle et qu’il n’y a pas de « point de départ » à proprement parler.
Ce jour-là, je n’avais rien décidé de particulier.
En quittant Echternach ce matin, je voulais simplement marcher et je ne m’étais évidement pas fixé l’ambitieux objectif de conclure cette route longue de 37 kilomètres en une seule journée.
En regardant l’heure, je décide à présent de marcher jusqu’au village de Mompach, car le temps file et je sais qu’il fera nuit noire à 17h30.


Passant des champs à la forêt, puis de la forêt aux hameaux… La Route 1 est une succession de paysages simples mais authentiques comme la campagne sait bien souvent nous l’offrir.
Et ces couleurs automnales… Quelle palette de couleurs fantastique !
Mais il n’est pas difficile de constater que la lumière du soleil s’atténue et que le fond de l’air devient soudainement beaucoup plus frais.
Si l’éclat de la végétation sur les collines me donnent encore l’illusion d’être en plein après-midi, je sais que bientôt il fera nuit et les derniers rayons du soleil viendront alors donner une teinte toute particulière à la terre.

Pressant un peu le pas – parce que bien sur je n’ai pas pris de lampe frontale et l’éclairage public, à cet endroit, est inexistant – je me délecte de ces couleurs qui s’estompent minute après minute…


17h40.
Mompach !
On ne voit plus à dix mètres devant soi et me voilà pile à l’entrée du village, un tel karma ça ne s’invente pas !
Mais si la nuit est tombée, le froid aussi et les températures frôlent le zéro…
Si vous venez à cette période, sachez que les gants et les bonnets ne seront pas superflus !
Arrivée à l’unique arrêt de bus du village, je vois que le dernier est passé il y a 5 minutes à peine et que le prochain est dans 40 minutes.
Bon, le karma, ça fonctionne pas à tous les coups.
Dans ce froid glacial et avec cette pénombre, 40 minutes peuvent sembler une éternité et je fais les cents pas sur le trottoir histoire de ne pas mourir gelée.
Je crois qu’à cet instant, il ne manque plus que le chant des loups pour compléter le tableau.
Blague à part, c’est ce genre d’anecdotes qui participent aux plus beaux souvenirs de voyage…
Et lorsque le bus arrive enfin, me délivrant du froid mordant de la campagne, je m’assois heureuse car cette journée de marche a été un pur délice ! Profitons de chaque instant !
