J’ai souvent été surprise de constater que voyager seule pouvait en surprendre plus d’un.
Entendons-nous bien, il n’y a évidemment aucune obligation à voyager seul(e).
Mais j’ai eu tant de conversations avec des personnes qui voudraient tenter l’expérience, mais qui n’osent pas, que j’ai fini par penser que le sujet en était vraiment un.
Dans ces conversations, j’ai remarqué que les mêmes questions et remarques revenaient souvent et ça m’a fait réfléchir de nouveau.
Dans cet article, je vous les livre pour tenter d’y répondre. C’est parti !

Tu n’as pas peur ?
C’est sans doute la question la plus récurrente et j’ai tendance à y répondre par une autre question…
« Peur de quoi ? »
Loin de moi l’idée de vous dire que je n’ai peur de rien car ce n’est pas vrai.
Mais à y regarder de plus près, ce mot « peur » reflète peut-être des réalités auxquelles il est possible d’apporter des réponses raisonnables et ainsi participer à les déconstruire.
Peur de l’agression ?
Disons-le franchement, pour beaucoup de personnes, le fait d’être une femme rajoute sans doute un critère supplémentaire à l’équation.
Voyageurs masculins, vous demande-t-on autant si vous avez peur de voyager seul ?
Il me semble que l’expérience affûte le regard et forge l’instinct de survie.
Avec le temps, on apprend simplement à éviter certaines situations ou bien à reconnaitre les lieux ou les personnes qui vont nous demander d’être plus prudent.
Voyager seul(e), c’est une manière de grandir.
Tout comme la vie nous a appris à marcher, puis à courir, puis à devenir adulte… On apprend à voyager seul(e) par les mêmes processus d’apprentissages.
Bien sur qu’il m’est arrivé d’avoir peur en voyage, ou disons qu’il m’est arrivé de connaitre des moments plus anxieux que d’autres !
Mais cela a été rare et je crois avoir eu plus de frayeurs avec les éléments naturels qu’avec les êtres humains à vrai dire.
Un ravin.
Une mer agitée.
Un énorme orage.
Le froid, la nuit qui tombe, la campagne… Et ce satané bus qui n’arrive pas !
Peur de se perdre ?
A moins d’être totalement paumé au milieu de la forêt ou en plein désert, sans aucun repère et sans personne autour de nous, on n’est finalement jamais vraiment perdu il me semble. Qu’en dîtes-vous ?
Si toutes excursions en pleine nature demandent évidement un minimum de préparation en amont : repérages des différents itinéraires de marche, présence des transports à proximité, points de ravitaillement, etc…
En revanche, se perdre dans les rues du centre historique de Rome ou de Porto est totalement volontaire de ma part.
« Alea Jacta Est »
Dans ces villes-musées, où chaque coin de rue est une œuvre d’art, j’adore être surprise par l’inattendu et j’ai découvert tant de trésors en laissant faire le hasard !
Peur d’être « seul(e) » ?
Je dirais que c’est justement ça l’intérêt de « voyager seul(e) »… C’est de pouvoir « être seul(e) » !
Si j’utilise des guillemets, c’est parce qu’en réalité je relativise énormément cette question de la solitude.
Je ne me considère jamais seule puisque je suis avec moi-même.
Et cela est un raisonnement mûri, ancré.
Par ailleurs, je n’ai jamais rencontré autant de personnes qu’en voyageant seule !
Chaque jour ou presque, le fait de ne pas être accompagnée me rend beaucoup plus accessible et disponible.
Combien de fois ai-je spontanément sympathisé avec des personnes, à l’arrêt de bus ou au restaurant, qui n’auraient certainement pas osé discuter avec moi si j’avais été en groupe.
En voyage, mes journées sont ponctuées par toutes ces brèves rencontres, ces échanges improvisés, ces amitiés éphémères le temps d’une randonnée…
Non, en vérité, cette peur-là ne m’appartient pas.
Tu ne t’ennuies pas ?
Avez-vous remarqué que cela n’est jamais connoté de manière très positive de dire qu’on s’ennuie ?
C’est comme avouer qu’on ne sait pas quoi FAIRE, qu’on manque d’entrain ou d’ambition, et c’est presque honteux.
Qui ne s’est jamais ennuyé : seul, en groupe, en voyage, au travail, entre amis, en famille… ?
Evidemment que ça m’arrive de m’ennuyer en voyage mais c’est tellement rare.
En général, je prends mes pieds en photo quand ça arrive… C’est un truc comme un autre, hein !

J’ai pris cette photo sur les rives du Lac de Zurich, en Suisse.
Subitement, j’ai eu un profond sentiment d’ennui… Cela a duré quelques minutes, je me suis remise en marche et l’ennui est parti aussi vite qu’il était venu.
Je suis le genre de personne qui peut regarder une libellule voler au-dessus d’un ruisseau pendant une heure, tout en trouvant la vie merveilleuse.
Un rien me captive.
Donc difficile de s’ennuyer parce que j’ai l’impression qu’il y a toujours quelque chose à voir, à écouter, à apprendre…
N’ayons pas peur de nous ennuyer, ça fait partie de la vie !

Tu parles anglais, c’est plus facile !
Tout s’apprend
Lors de mes premiers séjours à l’étranger, au Proche-Orient, mon niveau d’anglais était proche de zéro.
Je n’avais jamais eu à pratiquer cette langue en dehors du système scolaire français, où de toute manière, je ne me rappelle pas avoir particulièrement « brillé ».
Donc, pas le choix, il a fallu s’y mettre pour comprendre ce qui se passait autour de moi !
Tous les jours entourée de personnes non francophones, la langue anglaise était automatiquement utilisée pour communiquer.
J’apprenais en écoutant, en questionnant, en lisant des mails, en pratiquant partout où je pouvais pratiquer.
Un mot par ci, une expression par là…
Jour après jour, mon vocabulaire s’étoffait et mon élocution s’en ressentait.
Pas de miracle ici, il a fallu gravir les marches de l’apprentissage une à une, et plusieurs années de pratique se sont écoulées pour obtenir mon niveau d’anglais actuel.
Mais le fait d’être en immersion totale dans un environnement anglophone m’a fait progresser très rapidement !
Une vraie fausse raison ?
Je ne crois pas que notre capacité à partir explorer le monde dépende de notre capacité à parler l’anglais.
Depuis des années, je croise la route de voyageurs qui ne parlent pas un mot d’anglais et qui ne se privent pas de faire le tour du monde en solo !
« A cœur vaillant, rien d’impossible »
Certes, la maîtrise des langues étrangères est évidement un atout et nous savons que l’anglais tient une place particulière dans ce grand schéma.
Mais si l’usage de la langue anglaise est, selon vous, votre principal obstacle entre votre envie de voyager seul(e) et vous-même, alors il y a mille et une manières de remédier à cela !
C’est quoi l’intérêt de voyager seul(e) ?
J’en vois tellement !
Pour moi, c’est devenu une évidence, comme un puissant révélateur de forces, ça m’exalte.
Oser, sortir de sa zone de confort, me sentir alerte, remettre en cause ses certitudes, se révéler à soi-même…
Et de la même manière qu’il y a des avantages à voyager en groupe, il y a des avantages à voyager en solo.
Tout cela est finalement dans notre propre regard.

10 conseils pour tenter son premier voyage en solo
1. Réfléchissez aux raisons qui vous retiennent et tenter de les aborder sous un angle différent. Il y a des solutions à tout !
2. Nul besoin d’aller à l’autre bout de la planète. Pour commencer, vous pouvez envisager un court séjour dans une région proche de chez vous, dans une langue que vous maitriser. L’idée est de vous habituer progressivement.
3. Communiquer les différentes étapes de votre voyage à vos proches, pour vous rassurer et eux aussi !
4. Soyez tout simplement un minimum prévoyant et organisé, c’est la garantie de partir l’esprit serein !
5. Trouvez une activité thématique à votre voyage : la rando, la plongée sous-marine, la gastronomie… Cela sera votre fil d’Ariane !
6. Tenez un journal de bord si besoin. Durant votre voyage, écrivez vos ressentis, posez des mots sur cette nouvelle expérience !
7. A moins de partir dans une région totalement isolée, sachez que vous ne serez jamais vraiment seul(e) car le monde est peuplé d’êtres humains !
8. Des imprévus surgiront tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, mais vous saurez les accueillir et les gérer !
9. Suivez votre instinct, en fonction des lieux et des personnes rencontrés sur votre route. Si vous ne le sentez pas, n’y allez pas !
10. Faites-vous confiance, osez. On est souvent bien plus capable qu’on ne le pense !