Rörö… L’extrémité Nord de l’archipel de Göteborg !
Cette île… J’en rêve depuis longtemps.
Tour à tour décrite comme la plus sauvage ou la plus isolée des îles de l’archipel de Göteborg, c’est le genre de lieu qui vous donne la sensation d’aller au bout du monde.
L’arrivée au port
Contrairement aux îles de l’archipel Sud de Göteborg où les voitures ne sont pas autorisées, la traversée se fait ici sur de plus larges bateaux où piétons et véhicules cohabitent le temps du voyage.


Débarquer au port de Rörö par un temps si clair promet tout simplement une magnifique journée de randonnée !
Les mouettes s’agitent et ne cessent de piailler dans cet immense ciel bleu et l’horizon est fait de petites maisons colorées flanquées sur de gros rochers aux allures d’îlots.
Nous voilà dans un vrai décor de carte postale suédoise !
La grande rue qui mène du port au village laisse apparaitre les premières maisons encastrées dans la roche.
A la belle saison, quelques échoppes et restaurateurs ouvrent leurs portes aux plaisanciers.
Rörö, c’est une petite île où seule une poignée d’habitants réside et cela se ressent, c’est bien simple tout le monde se connait par ici !

La réserve naturelle de Rörö
12h30.
L’entrée de la réserve se fait depuis le village et je passe littéralement d’un monde à l’autre en franchissant ce petit portail.
Derrière moi, quelques maisons éparses me rappellent encore que l’île est habitée mais face à moi s’ouvre un horizon de grands espaces où j’aperçois déjà, au loin, galoper une horde de chevaux sauvages.
Dans un premier temps, le sentier est large et s’impose au milieu des éléments comme si l’on déroulait un immense tapis.
C’est une vision absolument sublime d’herbes basses, de petites fleurs et de roches sculptées par les vents !


Si le terrain est absolument plat, en revanche il devient de plus en plus caillouteux au fur et à mesure que l’on se rapproche de la plage.
La Mer se jette puissamment sur cet immense littoral de galets où le sentier va progressivement perdre ses repères habituels.
Dorénavant, celui-ci sera balisé par de gros cailloux peint en bleu, disposé ça et là, pour redessiner les contours d’un chemin qui tend à devenir de plus en plus sauvage.



Rörö, un concentré de nature sauvage
Ce qui surprend peut-être le plus au fil de cette superbe promenade, c’est l’incroyable omniprésence de la roche comme si l’île n’était qu’un immense amoncellement de pierres avant tout.
Certes, la présence de l’eau et de la végétation vient compléter ce tableau… Mais on a vraiment l’impression d’être au milieu d’un désert de pierres.
Sous une forme ou sous une autre, la roche s’étend à perte de vue et elle ne se contente pas de border l’ensemble du littoral de l’île, elle accompagne le sentier dans sa globalité ou plutôt elle EST le sentier !


Rörö est un véritable pays plat où la moindre variation de relief n’est due qu’aux rochers qui s’y entassent.
C’est splendide !

14h15.
Arrivée au nord de l’île, je suis seule avec les moutons qui m’acceptent très naturellement parmi eux et je ne peux m’empêcher de penser à quel point ces animaux doivent se sentir en paix de brouter l’herbe d’un tel paysage au quotidien.
Ici, point de foule. Je n’ai pas croisé la route d’un autre randonneur depuis déjà longtemps.
Seul le vent se fait entendre en glissant à travers la lande…
Et les vagues, d’ordinaire si puissantes et bruyantes lorsque la plage s’étire de tout son long, se sont maintenant adoucies au contact des petites criques qui les recueillent.

Ce paysage de bout du monde inspire une plénitude absolument délicieuse !
Sauter de rocher en rocher le long de cette côte reste l’un des plus beaux moments de cette randonnée, si toutefois il fallait en désigner un car la beauté singulière de cette île émerveille dès qu’on y pose le pied.


Suivez les gros cailloux bleus !
Puisque le sentier est une boucle, on n’est pas censé passer deux fois au même endroit même si la ressemblance entre deux rochers tend parfois à nous jouer des tours et on finit par se demander si on n’est pas déjà venu par ici…
Mais le sentier est très bien balisé et il suffit de se laisser guider par les gros cailloux bleus, visibles de loin.

Un retour par l’intérieur des terres
Désormais, le littoral n’est plus mon compagnon de marche et la fin de cette superbe aventure se prolonge au cœur de l’île, loin du ressac.
Je n’aperçois plus les troupeaux de moutons ni les hordes de chevaux sauvages, bien qu’au sol des traces évidentes de leur passage restent éparpillées.
Sur cette section du parcours, les rochers deviennent de plus en plus grands et lisses comme des plateaux.
Bientôt, le sentier changera subitement de visage et la roche disparaitra comme par magie pour se transformer en chemin forestier…

15h20.
De retour à l’entrée de la réserve naturelle, devant ce petit portail grinçant que j’avais ouvert il y a seulement quelques heures, je reste songeuse et fascinée par la beauté des lieux que je viens d’explorer.
Visiteur d’un jour, visiteur de passage, j’ai pu m’évader dans un monde que je ne connaissais pas et je remercie Rörö de m’avoir accueilli.
En reprenant la route du port, je retrouve la joie tranquille des habitants et des plaisanciers.
Certains jouent à la pétanque et quelques enfants s’amusent à pêcher entre deux bateaux amarrés…
Ici, le maitre mot c’est sérénité ! Venir passer du temps sur l’île de Rörö, c’est tout simplement embrasser l’idée d’en revenir plus heureux encore !
