Marcher au cœur d’un canyon, ça vous tente ?
Aux Gorges du Fier, à seulement 10 kilomètres d’Annecy, c’est possible.
Bienvenu sur un site géologique de toute beauté où la roche et la rivière dansent ensemble depuis des millénaires.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?
En Haute-Savoie, coule une rivière qu’on appelle le Fier.
Longue de 71 kilomètres, elle prend sa source aux pieds du Mont Charvin, l’un des plus hauts sommets alpins non loin de la ville d’Annecy.
Entre les petits villages de Chavanod et Lovagny, la rivière et le temps ont creusé et sculpté de magnifiques gorges, pouvant atteindre jusqu’à 40 mètres de profondeur.

Entrée des Gorges du Fier
Dès les premiers pas, l’histoire du site nous est contée par une série de cartes postales anciennes et l’on comprend assez vite que la première passerelle aménagée par l’homme au cœur des gorges a été inaugurée en 1869.

Le Parcours des Passerelles
Long de 300 mètres, fixé à la roche, c’est le plus impressionnant.
Et le moment est venu de s’élancer au-dessus du vide…

10h00.
Je dois l’avouer, mes premiers pas sur ces planches de bois craquantes ne sont guère rassurants.
Je me revois encore tenir la rambarde de la main droite et avancer timidement en me répétant que l’équipement est sûr !

Jetant un œil par-dessus bord, 20 mètres plus bas, la rivière est bien là.
Et même si les fortes chaleurs des semaines passées l’ont diminué, que le niveau de l’eau est bas me dit-on, je l’entends résonner comme un puissant torrent.
De part et d’autres, les parois du canyon sont immenses et à certains endroits très rapprochées l’une de l’autre, obligeant les visiteurs à se serrer pour se laisser passer.
Ce site est grandiose !

Au milieu de ces épaisses murailles façonnées par des siècles d’érosion, on ne peut que se sentir humble.
C’est un véritable chef-d’œuvre géologique qui s’ouvre à nous et je peux le voir autour de moi, tous, petits et grands, sont émerveillés.
La majesté des parois, leurs volumes et formes incroyables, la présence de l’eau, sa fraîcheur, la végétation qui tente de s’approprier les lieux du mieux qu’elle peut, tout est délicieusement magique.


Les crues du Fier
Cette visite ne manque pas de pédagogie et c’est très appréciable.
A mi-parcours, flanqué dans le creux d’une paroi, une échelle de mesures se dresse pour indiquer les différents épisodes de crue qu’à connue la rivière depuis le 19è siècle.

Et il faut lever haut les yeux au ciel pour comprendre que l’année 1960 est une date historique pour la région.
Notée tout en haut de l’échelle, cette année-là, le Fier sortira de son lit et montera à 27 mètres !

Je suis restée un long moment à observer ces photos et je trouve cela génial d’avoir pensé à les offrir aux visiteurs.
Elles nous obligent à ne pas oublier la force colossale de l’eau et la somme de travail que cela a dû demander aux hommes pour réhabiliter le Parcours des Passerelles, après chaque crue.
Moi qui n’ai jamais vécu de ma vie ce genre de phénomène naturel – crue ou inondation – je ne peux que supposer leur puissance destructrice…

Tantôt vides, tantôt bondées de touristes, les passerelles serpentent au gré des courbes imposées par la roche et nous conduisent vers la seconde partie de la visite…
La Mer des Rochers

10h50.
Passée la porte de fer, la visite se poursuit dorénavant « à ciel ouvert » et les pieds sur la terre ferme !
Si la rivière du Fier est évidement toujours sous nos pieds, il n’est plus possible de la voir tant les fissures sont sombres et profondes.


Le terrain est immense et il y a du monde ce jour-là.
Familles, enfants, touristes français ou étrangers, autour des barrières, toutes les langues se parlent mais c’est la même curiosité qui nous anime.
Nous sommes en plein cœur de l’été et le site est attractif !
En continuant mon exploration, je retrouve affichée la dernière carte postale du parcours, illustrant les premiers visiteurs des Gorges du Fier, il y a un siècle, à l’endroit même où je me trouve actuellement.

Subtil mélange d’histoires locales, de géologie, d’aventure en plein-air et de tourisme, les Gorges du Fier ont réussi le pari de s’adresser à tous.
Il faut dire que chaque année – du moins de mars à octobre – le site accueille près de 130 000 visiteurs !

Un parcours en aller-retour
Pour quitter le site, rien de plus simple, il faut revenir sur chacun de ses pas et retraverser l’entièreté du parcours. Allez, c’est parti !


12h40.
Non sans régal, je repasse donc une à une chaque étape.

De passage dans la région ? N’hésitez pas, venez visiter les Gorges du Fier, elles valent le détour !
